Fierté

 


J’aime jouer les fortes têtes, à la petite garce qui mène son tout petit monde par le bout du nez. C’est connu : « Ellow n’est sage que lorsqu’elle dort. »

Ou quand elle voit son M.


Convoquée à 18H30, je me tiens devant la porte de la chambre (la 705). Je sais qu’une fois à l’intérieur, il ne sera plus question d’être traitée en petite princesse. Ce n’est de toute façon pas le but de l’opération.

Il s’agit là de se sentir enfin "petite", appliquée à obéir et donner le meilleur de moi, face à une autorité aussi exigeante qu'elle est bienveillante, aussi sévère qu'elle est douce.

J’ai bien essayé de jouer l’effrontée : à mal remplir mes devoirs, à jouir trop tôt et ainsi chercher ses cinglantes corrections. J’ai cherché ses gifles en bravant l’interdit de le regarder dans les yeux avant d’en recevoir la permission. J’ai cherché ses coups de fouet en omettant volontairement de l’appeler « Monsieur ».

« Je vais te corriger, Ellow... »

Ce n’était pas une menace, mais une évidence. Il en allait de la crédibilité de notre jeu, du lien qui nous unit. Je le sais : la sévérité de M. s’élève à mesure que je lui désobéis. Une spirale vertigineuse pour une apprentie-masochiste et son M.

Il n’est pas dupe, il sait que je le cherche à dessein. Pour qu’il me punisse, car comme dit l’adage « qui aime bien, châtie bien », et je veux être châtiée beaucoup.

Aventureuse, je paye cependant un lourd tribu pour mes écarts de conduite. J’ai cherché M. je l’ai trouvé.

Je ressens dans ma chair son intransigeance. Et elle n’est pas indolore. La badine s’abat et dissout mes envies d’incartades.



J’endure, consciente de ce qui se joue. Ma peau chauffe et se déchire.
M. enfle de voir mon cul rougir.

« Tu as le droit de me dire stop si tu n’en peux plus, mais sache que je t’enculerai à sec après.»

Evidemment, je finis par craquer. Le nez enfoui dans le coussin que je serre contre moi pour mieux encaisser la douleur, je lâche prise. Totalement.

Pour la première fois, je pleure. Et ne cherche même pas à le cacher. Les derniers coups s’écrasent avec mes sanglots. Et vite, ses bras m’enveloppent.

M. me cajole et je me sens comprise. 
 


Je me laisse bercer dans ce moment doux, et obtiens ces mots que j’étais venue chercher en frappant à sa porte.

« Je suis fier de toi. »


Commentaires

  1. Il me touche ce billet, alors je ne vais pas écrire juste pour écrire. Je vais juste te dire Merci de ce partage qui me parle :)

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    1. Merci à toi de laisser ta petite marque de sympathie ici =)

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  2. C’est bien la plus belle récompense pour vous et lui! Ce post m’a particulièrement émue alors merci à vous...

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    1. Merci beaucoup Mademoiselle G :) Ravie que ce récit ait su vous plaire !

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  3. Heureuse de te lire à nouveau ❤!

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  4. Un doux moment que tu "nous" partage ❤

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  5. Mais que c'est beau à lire 😊

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  6. soumise_ophel1 mai 2021 à 22:45

    Très beau merci pour ce partage

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  7. Très agréable à lire et à imaginer !

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  8. Hank_Chinaski6662 mai 2021 à 00:04


    Tu es revenue un jour de pluie mais avec des photos et un texte. On te pardonne. ;)

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  9. Claire-Chimere2 mai 2021 à 12:30

    Quel retour fracassant! Votre texte est un délicieux aftercare après le cruel manque de votre beauté :-)

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  10. Magnifique. Des moments intenses comme je les aime

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