Somewhere only we know

[M :] Es-tu prête à passer deux nuits en confinement ? Prépare-toi, et n’oublie rien du matériel. Tu le poseras sur le lit, et tu prendras ta place habituelle.  






Et si je demeurais tout ce temps dans un hôtel proche de son bureau ? 

Et si j’avais l’interdiction d’en sortir ? 

Et l’obligation de toujours être à sa disposition ?


C’est ça le deal.

Et c’est à genoux, face à lui, que je prends pleinement conscience de ma condition.


Ma bouche sert à le sucer.
Mes mains à le branler.
Ma peau, chauffée et rougie sous ses coups, pour le faire bander.
Ma chatte, mon cul, pour le faire jouir.





 




Cette chambre est l’écrin de nos jeux. Les murs gardent notre secrète complicité : ils y cachent la Salope que j’aime être pour lui.

 

Ce qui se passe à l’extérieur a été laissé à la porte.
Dans ce lieu qui n’appartient qu’à nous, je suis cet objet pensé pour lui être agréable.

We aim to please, disent les pro du customer service. 


Et s’il faut le suivre comme une chienne tenue en laisse,

s’il faut rester à quatre pattes près du lit pendant qu’il consulte ses mails,
s’il faut rester les mains entravées par une corde le temps de son déjeuner, so be it. 


Je veux profiter de chaque minute où je ne suis que ça : sa chose.

 

 



Il va et vient dans cette chambre. 

Ne pas savoir me rend dingue. Et s’il passait la porte tout de suite ? Et quand il reviendra, que voudra-t-il de moi ? Et s’il ne revenait pas ?


J’y pense l’après-midi quand il m’a dit d’attendre à genoux, devant la porte.
J’y pense la nuit quand je serre le coussin contre moi en trompant son absence. 


Quand la porte s’ouvre, toujours brusquement, tout ça vole en éclats pour ne laisser qu’une certitude : il est bon d’être sa pute.

Je le ressens quand il me fait le sucer d’emblée. Quand je perds mon souffle et que cette fois-là, je m’en fous, je glisse plus loin. Je savoure la salive qui coule sur mon menton et mes seins. Je me réjouis de le rendre dur. 






Plus que les autres fois, ce jour-là, je  prends un pied inédit à le pomper. Même quand mes larmes me brouillent la vue, je ne veux pas m’arrêter : je me saoule avec ses soupirs. Je profite. 

Mon obéissance est testée quand il me corrige à chacune de ses venues.

Il cherche mes limites avec la canne, le martinet ou sa ceinture. Il est méthodique, s’assure que je tiens bien les comptes : de 1 jusqu’à 60, pour commencer. C’est ce qu’il faut pour réveiller la petite masochiste. 






« Tu sais que je ne peux pas résister » dit-il en m’enfonçant sa queue d’un coup. Ça me fait mal. Ce n’est même pas qu’il force. Il s’impose dans mon cul. 


« Tu aimes quand je te viole. »
Je ne peux même pas nier, tant c’est flagrant. 


Il écarte mes fesses jusqu’à ce que mes muscles cèdent et que je jouisse. 


Quand il m’encule comme ça sans ménagement, je n’ai plus de cachette. Plus d’égo, rien. J’ai le cul en l’air et totalement ouvert. 


Avec ses doigts, il le fouille, cherche le point qui me fera vaciller, encore. Sa main libre sur mon clito, je vrille : « Putain, encore. » 


Je me sens monter. Un poids pousse dans mes entrailles. Je ne sais pas ce qu’il fait exactement, mais je ne crie plus. Je plane complet quand mon énième orgasme se répand sur les draps. 


Je sais que je bascule lorsqu’il me demande avec quel outil je préférerais qu’il me punisse.



« Celui que vous préférez, Monsieur », je réponds, sachant d’avance que ce sera le plus cinglant. Celui qui me fera bouffer l’oreiller. Une réponse délibérée.


Et plus il frappe, plus je coule, plus je me sens lui appartenir. Mon corps lâche, mon esprit aussi : mes larmes coulent sur mon visage que j’espère bien caché dans le polochon. L’était-il vraiment ? S’il n’a rien vu, il a tout de même saisi mon poignet pour le poser sur son pantalon, me montrer combien ça le faisait bander. 


[M]« Je t’ai emmenée ailleurs. C’est tout le propos de la chose ».


Si vous vous demandez où, ne cherchez pas, il n’est sur aucune carte, ce lieu qui n’appartient qu’à nous. 




 

Commentaires

  1. Oh dieu que ce texte est extraordinairement bon et bandant ! Oh dieu que cet homme est chanceux! Et nous! Comme nous comme chanceux que vous partagiez tant de chose avec nous ! Merci pour le texte et merci pour les photos !

    RépondreSupprimer
  2. J’aime beaucoup votre ailleurs 🥰

    RépondreSupprimer
  3. Tellement puissant à lire !

    RépondreSupprimer
  4. Joli deal... et quel texte, quel lieu ! :-) Sans prétention aucune, il me semble que vous pourriez parler d'univers.

    Un de mes premiers fantasmes, être à disposition dans une chambre.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'était un moment très attendu. L'opportunité s'est présentée :)
      Je vous souhaite de réaliser ce fantasme, et tous les autres !

      Supprimer
    2. Je l'ai vécu... il y a des siècles ou peut-être un tout petit peu moins, j'ai tendance à exagérer. 
      Un de mes plus jolis souvenirs je crois (là, je me modère)
      Ce qui n'empêche pas que je le réaliserais bien encore, ce serait différent. C'est toujours différent.

      Premier fantasme de contexte qui a réellement cogné dans ma petite tête, pas premier fantasme on the top mais d'une certaine façon et avec une certaine personne, il n'est surement pas loin d'être on the top, oui. :-)

      Je ne vous souhaite pas moins alors !


      Supprimer
  5. Putain que c'est beau !

    RépondreSupprimer
  6. Bonjour Ellow. J'en ai la respiration courte, en vous lisant. Merci pour ce partage. Belle journée à vous :)

    RépondreSupprimer
  7. Superbe texte ça ne doit pas être facile de mettre des mots sur ce genre de moment mais c'est très réussi.

    RépondreSupprimer
  8. Bravo
    Écris un livre putainn

    RépondreSupprimer
  9. Il y a des moments rares, uniques et précieux qui nous marquent à jamais. Je pense que pour toi celui-ci en fait partie.
    Ca me rappelle cette chambre d'hôtel que j'avais réservée pour un anniversaire près de son bureau... Je devais être à sa disposition. Six mois que je ne l'avais pas vu. Il est venu, m'a baisée et... n'est pas revenu. Je n'ai même pas eu la force de pleurer.
    Je suis heureuse que pour toi le moment ait été joli :)

    RépondreSupprimer

Publier un commentaire

Laissez votre marque...

Articles les plus consultés